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- Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,
- Monsieur le Représentant du Haut-commissaire,
- Monsieur le Sénateur de la Polynésie française,
- Monsieur le Député de la Polynésie française,
- Madame la Présidente du Comité économique, social et culturel,
- Monsieur le Vice-président,
- Mesdames et Messieurs les Ministres,
- Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Assemblée de la Polynésie française,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des institutions de l’État et du Pays,
- Mesdames et Messieurs les journalistes et représentants des médias,
- Mesdames et Messieurs,
Ia ora na e Manava.
Le 18 septembre dernier, à l’occasion de l’ouverture de la session budgétaire, je vous disais qu’après deux exercices particulièrement difficiles, l’année 2009 serait une année charnière. Année charnière ou année de transition, car nous devrions à la fois redresser et consolider nos acquis, au travers notamment d’une remise en ordre de nos structures d’intervention publiques, fût-ce au prix de mesures drastiques pour juguler la dérive de nos dépenses de fonctionnement, mais aussi relancer la marche en avant de notre Pays par une politique d’investissements ciblés.
Je ne reviendrai pas sur le passé et ses effets pernicieux sur l’état de santé de notre Pays. Je me suis déjà longuement exprimé sur ces sujets.
Je rappellerai simplement que le cumul de la crise de l’économie mondiale, et de l’instabilité politique chronique, dont nous souffrons depuis plus de 4 ans, a eu des effets dévastateurs sur les grands équilibres économiques, sociaux, et institutionnels de notre Pays, en dépit de la capacité de réaction et de la mobilisation de notre population dans cette période difficile.
Je ne reviendrai pas non plus sur les efforts que nous avons déployés depuis près de 7 mois, n’en déplaise à certains, pour stopper cette spirale de l’échec et redonner à notre Pays les moyens et le goût de vaincre.
Qu’il me soit simplement permis de réaffirmer avec force que nous nous sommes toujours appuyés, dans cette démarche, sur quelques principes forts sur lesquels le programme de notre majorité a été construit :
- une nouvelle gouvernance fondée sur le dialogue, la transparence et l’ouverture, à l’écoute des préoccupations de nos concitoyens,
- un partenariat avec l’État reconstruit sur une solidarité raisonnée et des engagements réciproques clairs,
- une autonomie au sein de la République consolidée en s’appuyant sur les communes,
- un développement économique et social durable à la dimension des capacités de notre Pays, visant à renforcer le lien social et les solidarités dans le respect de notre environnement, en valorisant l’initiative privée, soutenue par la puissance publique,
- une ouverture vers nos partenaires océaniens, pour participer pleinement à la construction de la communauté du pacifique,
- le credo, une meilleure affirmation de notre présence au sein des instances européennes, en l’avenir de notre Pays et en ses capacités d’innovation et de mobilisation.
Les grandes orientations budgétaires pour l’année 2009, que nous soumettons à votre discussion et à votre approbation, s’inspire de ces principes, mais il tient compte aussi de la dure réalité des chiffres et des handicaps dont souffre actuellement notre Pays.
Ce budget a donc été élaboré avec un souci permanent de réalisme, de lucidité, de rigueur et de raison, facteurs indispensables pour redresser une situation dégradée et mettre fin à des pratiques de laxisme qui n’a que trop duré.
Mais ce budget a été aussi construit avec l’objectif de relancer notre économie et l’ensemble de nos secteurs productifs et de redonner espoir et foi en l’avenir.
C’est donc un budget de rigueur, mais surtout un budget de relance et d’engagement qui vous est proposé.
Je ne m’attarderai pas à vous en présenter les détails. Le ministre des Finances vous expliquera les principes et modalités de son architecture. De plus, chaque ministre à l’occasion des débats, vous précisera les actions et mesures qui seront privilégiées au travers de nos propositions.
Je me contenterai d’insister sur les problématiques et raisons qui nous ont conduits à ces choix.
Pour la section de fonctionnement, je vous l’ai dit et n’ayons pas peur des mots, c’est un budget de rigueur que nous vous proposons. C’est un budget de rigueur, à la mesure des dérives constatées. Nos dépenses de fonctionnement dérapent dangereusement. Il faut le dire, nous devons opérer un redressement draconien sous peine de ne pouvoir faire face, dans les années à venir, à nos obligations.
En effet, l’instabilité chronique, dont nous souffrons depuis quatre ans, renforcée par la pratique du clientélisme politique, érigé depuis trop longtemps en principe de gouvernement, a conduit à une véritable explosion de la masse salariale et des dépenses de fonctionnement de nos institutions.
Quelques chiffres illustreront mon propos. Ainsi, les dépenses de personnel ont évolué de plus de 31 milliards de francs, du compte financier de l’exercice 2006, à presque 35 milliards sur les premières simulations du budget primitif 2009.
Les dépenses de fonctionnement courant des administrations ont progressé encore plus vite, passant d’environ 9 milliards à plus de 14 milliards et demi sur la même période.
Entre le budget modifié pour l’exercice en cours et les projections établies pour 2009, sur la base des pentes d’accroissement constatées, la progression était de 8% pour les dépenses de personnel et de près de 15% pour le fonctionnement courant. Quant aux subventions et participations, elles progressaient de près de 13%.
Nous ne pouvions plus continuer sur ce rythme, sauf à conduire notre Pays à la ruine.
Nous avons donc fait le choix d’une réduction du train de vie du Pays, par le gel de 230 postes non pourvus et une minoration des crédits de fonctionnement courant de 11,6%, soit 1,5 milliard de francs et de 8,52%, soit 826 millions de francs, sur les aides diverses, sans pour autant obérer la capacité d’intervention de nos administrations.
Cette cure d’austérité, sévère j’en conviens, doit nous permettre de mettre en chantier une réorganisation en profondeur de notre appareil administratif au sens large, en substituant une logique de résultats à la logique actuelle de moyens.
Nous devons faire mieux avec moins, en optimisant les retombées des moyens investis dans l’action publique.
Cette démarche nouvelle, nous l’engagerons dès cette année. Ainsi, sans remettre en cause la capacité de fonctionnement de nos structures, par un simple effort de redéploiement des moyens et de maîtrise des dépenses superflues, nous avons ramené notre section de fonctionnement de près de 135 milliards de francs inscrits au budget modifié 2008 à près de 126 milliards de francs, soit une diminution en masse de près de 9 milliards et en pourcentage de près de 6%.
D’autres mesures techniques accompagneront cet effort de redressement au travers d’une pause dans l’évolution des salaires. Nous avons par contre inscrit les moyens supplémentaires nécessaires partout où cela s’imposait. Ainsi en est-il des subventions, participations et dépenses techniques.
En matière de recettes, nous ne créons pas de charges nouvelles, hormis une légère majoration d’un point d’une taxe existante, pour financer un dispositif de continuité territoriale visant à réduire le coût des transports des îles vers Tahiti pour les agriculteurs et producteurs des archipels, ainsi que pour les matériaux de base pour les constructions.
Ces efforts que nous demandons à tous, tant au plan des économies de fonctionnement qu’à celui des mesures nouvelles, doivent nous permettre de rééquilibrer notre budget et de nous redonner les moyens nécessaires pour relancer notre économie.
Nous pourrons ainsi mettre en place la société plus juste et plus solidaire que tous nos concitoyens appellent de leurs vœux. Une société dont la cohésion, mise à mal par les turbulences que nous avons traversées durant ces dernières années, ne pourra qu’être renforcée autour d’un même objectif : construire notre Pays et vivre notre autonomie au sein de la République.
Quant à la section d’investissement, elle s’élève à prés de 31 milliards de francs, qui seront consacrés aux financements de grands équipements structurants. À ce titre, un toilettage sévère des opérations programmées est en cours pour éliminer celles qui, bien qu’inscrites parfois depuis plusieurs années, n’ont fait l’objet d'aucun engagement ou de début de réalisation. Il n’est pas tolérable que des crédits de paiement soient ainsi gelés sur des projets dont l’intérêt n’est plus d’actualité, alors que tant d’autres sont en attente de financement.
Ces moyens seront affectés prioritairement sur les grands projets qui conditionnent l’avenir économique et social de notre Pays, dans les domaines de la santé, de l’enseignement supérieur et de la recherche, du logement social, de l’eau potable et de l’assainissement.
Les grands travaux conduits par l’EGT, ceux liés au futur câble sous-marin, comme les moyens affectés à la rénovation de notre flotte de pêche hauturière ou à la constitution des réserves foncières nécessaires pour répondre à la demande en matière d’habitat social, seront aussi au rang de nos priorités.
Pour les esprits chagrins qui nous accuseraient de manquer d’ambition, je rappellerai que les crédits d’investissement inscrits au budget du Pays ne traduisent pas tous les moyens affectés à la constitution de capital fixe et de richesse productive. L’État, au travers du contrat de projets, les communes, nos établissements publics et sociétés d’économie mixte concourent aussi à l’investissement public, nonobstant les crédits de paiement reportés chaque année au titre du budget du Pays.
Nous ne manquons pas de moyens. Encore faut-il avoir la volonté de les affecter en priorité sur des opérations conditionnant le développement durable de notre Pays pour permettre de réduire notre dépendance extérieure en matière d’énergie et de productions vivrières, de dynamiser notre « industrie » touristique et de nous immerger dans les technologies du futur au travers du câble et des télécommunications, pour ne citer que les principales.
S’agissant du tourisme, je voudrais simplement vous préciser qu’à ma demande, le Secrétaire d’État à l’Outre-mer m’a donné son accord pour qu’un milliard de francs soient prélevés sur la dotation globale pour le développement économique et affectés au financement d’une campagne promotionnelle globale sur la destination de notre Pays au travers de toutes composantes.
Ces crédits viendront en complément des moyens dont disposent les différents secteurs de production et permettront de donner une teinte plus institutionnelle à la promotion de notre Pays et de ses richesses.
Vous pouvez être assurés de notre détermination de mener à bien les projets, tous les projets, sur lesquels nous nous sommes engagés devant nos concitoyens.
Ce budget 2009 en est la première étape ; étape difficile, car il est nécessaire d’abord de restaurer les grands équilibres et d’assainir nos finances, bref, de quitter le domaine du virtuel pour revenir au réel.
Nous vous proposons donc un budget réaliste et réalisable.
Il est réaliste, car il met fin à la fuite en avant des dépenses publiques et privilégie les dépenses productives.
Il est réalisable, car nous disposons des moyens et des capacités de mise en œuvre des objectifs qu’il recouvre en nous limitant à ce que nous pouvons faire.
C’est certes un budget de rigueur, je crois avoir été assez explicite à ce sujet, mais c’est aussi et surtout un budget de confiance et de foi en l’avenir.
Tout en rétablissant nos grands équilibres, il nous permettra de lancer les chantiers structurants sur lesquels reposeront la relance de notre croissance et le retour du dynamisme de notre économie.
En propos introductifs, je vous ai dit que l’année 2009 serait une année charnière. Elle inscrira dans les faits notre volonté de relance et de changement. Les effets correcteurs du budget qui vous est proposé permettront de dégager de nouvelles marges de manœuvre pour 2010 et les années suivantes pour développer notre programme qui s’inscrit dans la durée et la continuité.
2009 sera l’année du renouveau. Je vous invite très sincèrement à vous y associer, sans exclusive et sans arrière-pensée, dans l’intérêt de notre Polynésie, des Polynésiennes et des Polynésiens.
Je vous remercie de votre attention.
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